coloration végétale khadi

Coloration végétale Khadi : bye bye les cheveux blancs (et les produits toxiques)

 

J’ai 35 ans, et sans une coloration mensuelle je pourrais facilement passer pour une senior. Hélas pas la señorita, comme dans « ola señorita quieres un otro mojito ?» des plages mexicaines… Non, plutôt la senior made in France, avec sa petite carte de réduction SNCF, et son minimum vieillesse.

Depuis 18 ans, mon histoire avec la coloration a évolué. J’ai d’abord teint mes cheveux par plaisir (waouh un reflet café serré, trop swag !), puis par obligation, à cause de mes très précoces cheveux blancs. Effet secondaire de cette injustice génétique : une téléportation de plus en plus régulière au rayon coloration du supermarché. Soucieuse de payer plein pot mes billets de train, j’évitais soigneusement de culpabiliser sur la liste des ingrédients, et aussi sur les messages d’avertissements écrits en bien gros sur la boîte.

En début d’année, une étude est parue sur ces colorations capillaires. Sa conclusion ? les colorations chimiques à répétition causeraient le cancer du sein.

 

Les colorations chimiques c’est pas bon pour toi : la preuve

Histoire de me motiver, j’ai parcouru un peu les sites internet qui mettent en garde contre le cocktail chimique auquel nous sommes exposés tous les jours. A en croire les scientifiques, notre cuir chevelu est une éponge. Massez votre crâne 5 minutes avec un shampoing qui mousse bien, et il en absorbe une petite quantité. Posez dessus pendant 45 minutes de l’ammoniaque ? Il en absorbe aussi.

Certains ingrédients s’évacuent dans le pipi, mais d’autres restent, et pas qu’un peu. A chacun sa spécialité : le résorcinol bouleverserait les hormones, les fameux PPD se logeraient dans les poumons ou les reins, tandis que le formaldéhyde s’installe partout.

Voila.

La coloration végétale bio, avec du henné dedans.

La coloration végétale bio contient du henné. Je répète. La coloration végétale bio contient du henné. Je crois que c’est ce qui m’a le plus freinée.

D’autant que j’avais eu la mauvaise idée de demander à mes copines ce qu’elles pensaient de mon projet. Toutes, formidablement colorées, ombrées, méchées, etc… ont été unanimes :

  • Du henné ? Tu vas te retrouver avec les cheveux rouge. Comme tu as le teint doré (elle n’a pas dit jaune pour être polie) tu vas ressembler au drapeau Bolivien.
  • Tes cheveux vont éclater de l’intérieur parce que tu as fait des colorations chimiques avant. Si si, c’est arrivé à une copine d’une copine d’une amie.
  • Dès que tu te baigneras dans une piscine, à cause du henné, tes cheveux vont virer au vert.
  • Plus aucun coiffeur ne voudra te recevoir après le henné.
  • Il faut laisser poser 12 heures pour que ça tienne. Ca te bouffe le weekend
  • OMG, du henné ? Mais c’est irréversible.

Devant ces affirmations, mon niveau de motivation a beaucoup chuté.

Pour sécuriser le truc, au moins la première fois, j’ai fait appel à un salon de coiffure spécialisé dans les teintures bio. Un coup de fil et surtout un tarif annoncé plus tard (117 euros les racines), j’étais décidée à m’intéresser à la coloration végétale à faire soi même.

Coloration Khadi : C’est celui qui Khadi qui est.

Mon choix s’est fixé sur une coloration de la marque Khadi, disponible en magasin bio et sur le net. C’est son label BDIH qui m’a convaincue. Oui, cette fois, je ne me suis pas fait alpaguer par les ingrédients ayurvédiques ancestraux mis en avant. Ni par le packaging hypnotique des emballages boho chic.

Un petit tour par la case FAQ’s du site officiel de la marque m’apprend que pour couvrir mes cheveux blancs maudits, il fallait ramer un peu , c’est à dire procéder en deux temps :

  • D’abord du henné rouge pur pour fixer les cheveux blancs (ahhhhhhhhhhhhh)
  • Ensuite la couleur noisette sur toute la chevelure.

Voilà. J’étais prête à franchir le pas. Mais je ne l’ai pas fait, mes copines m’ayant traumatisées avec leurs mises en garde de cheveux verts ou de drapeau bolivien.

6 mois plus tard, un jour de flemme extrême, pas envie d’aller acheter mes tubes de coloration chimique, et racines de 2 centimètres qui interdisaient les chignons, je me suis rappelé de leur existence.

Application à l’instinct et boulettes

J’ai donc procédé au grand changement avec foi et il faut bien avouer pas mal de conneries. Je me suis dit : “Pas besoin de se retaper la notice, j’ai bonne mémoire”.

A vue de nez, il fallait faire chauffer de l’eau à 50 degrés environ (j’ai emprunté le thermomètre à foie gras de mon époux), puis verser au pif de la poudre dedans, touiller jusqu’à l’obtention d’une texture de type yaourt grec, étaler grossièrement sur ma tignasse, laisser poser 1 heure.

Heureusement, je me rappelais bien de l’odeur d’épinards décriée. Une infection. Même mon chien, qui se roule pourtant dans des choses déjà digérées, n’a pas voulu s’approcher de moi pendant l’heure de pose.

Avec mon mélange d’épinards macérés sur le crâne, pour tuer le temps, j’ai avec une grande intelligence enfin parcouru la notice de ma coloration végétale Khadi Noisette.

Horreur.

J’avais tout fait à l’envers. Les instructions étaient claires :

  • Il fallait se laver les cheveux avant, contrairement à mes colorations chimiques ou le plus sale, le mieux.
  • Il fallait faire l’application en deux temps soit parce qu’on avait des cheveux blancs soit parce qu’on sortait des colorations chimiques. Sinon : cheveux verts. Comme je correspondais aux deux, j’ai flippé de ressembler à Shrek
  • Il fallait chauffer l’eau à 50 degrés maximum, sinon reflets rouges. Bolivie forever.
  • Ensuite c n’était pas clair. Le temps de pose, c’était une demi-heure ou une heure ?

Paniquée, j’ai tourné en rond. Fallait-il tout rincer maintenant ? Attendre une demi heure ? Assumer ?

J’ai coupé la poire en deux, et laisser poser 42 minutes (plus proche de la demi-heure que de l’heure, donc malin de ma part).

Le rinçage a été un grand moment de solitude. J’étais au bord de la crise de larmes. A quoi allait ressembler ma vie sociale maintenant, racines vertes et reflets rouges ? Et cette odeur de gratin d’épinards aux blettes sauvages allait-elle s’incruster dans mon système ?

Après un rinçage soigneux d’environ 10 000 litres d’eau, je m’installe devant le miroir de la salle de bains, yeux fermés. A trois, j’ouvre. Et… incroyable !

Mes cheveux blancs ne sont plus blancs. Ils sont d’un beau marron naturel comme le reste de ma chevelure ! 

A propos des colorations « végétales » pas du tout bio vendues en parapharmacie

Oui j’ai bien écrit « végétales » comme ça, entre croches. Car s’il y a bien quelques plantes ajoutées à la formulation de produits tels que Les 3 chênes », Beliflor ou encore Herbatint, le reste des ingrédients n’est pas joli joli. L’aloé Véra, la poudre d’échinacée vantées ne seraient que de la poudre de perlimpinpin à la sauce naturelle, destinée à attirer les consommateurs en quête de sécurité capillaire.

Petite compensation : Ces produits agressent tout de même moins les cheveux que leurs confrères proposés en supermarché.

Petit problème : ils tiennent moins longtemps. 2 semaines en moyenne pour moi (avec les cheveux blancs virant orange par endroit, merci bien)

Petite conséquence du petit problème: il faut en faire deux fois plus souvent.

Conclusion sur Khadi Noisette

Au lendemain de ma coloration intense en émotions, la couleur est restée stable. J’avais lu par ci, par là que parfois la teinte fonçait. Pas pour moi.

Je suis vraiment ravie d’avoir sauté le pas.

Il reste tout de même quelques mystères sur le futur : combien de temps va durer cette couleur ? Faudra-t-il appliquer le prochain mélange sur les racines seulement ou sur toute la tête ? Et pour cet été, aurais-je les cheveux verts ?

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