Comment evacuer sa colère intérieure

Comment Evacuer sa Colère Intérieure, les Astuces Imparables !

Les personnages de dessin animé exagèrent à peine : de la vapeur qui sort des oreilles et des narines, les yeux exorbités, prêts à jaillir hors de leur orbite. Parfois ils finissent même par exploser. Littéralement. Dans la vraie vie, les signes de la colère sont moins sensationnels :grincements de dents, poings serrés, tension dans tous les muscles, narines gonflées, pupilles dilatées.

Côté allumage, chaque individu dispose de son propre système.Certains mettent une éternité à se mettre en colère, accumulant ci et là des petites contrariétés sans en dire mot jusqu’au bouquet final «  la goutte d’eau », qui conduit à un pétage de câble majeur. D’autres, les colériques, explosent dès la première vexation, sans prévenir l’entourage, décontenancé par ce brusque changement d’humeur. Enfin, certains conservent dans leur corps toute la colère emmagasinée dans leur vie, sans jamais l’évacuer.

La colère, petits rappels

Aristote l’a clamé en tout premier : La colère, c’est bien. Selon le philosophe, se mettre en colère pour la juste cause devant les bonnes personnes serait le signe d’un esprit sain dans un corps sain. Il faut dire qu’Aristote n’a jamais évolué dans un monde ou les journaux titrent « colère = malaise cardiaque ». Il n’a jamais regardé un épisode de Hulk, que la colère transforme en un abominable monstre vert. Aristote n’a jamais dû affronter les embouteillages remplis de gens à bout de nerfs qui appuient sur leur klaxon avec des doigts d’honneurs.

Alors, Aristote avait-il complètement tort ? S’il était né en Californie au 21ème siècle, aurait-il écrit un plaidoyer pour la bonne humeur, prônant le yoga, le qi-jong, et méprisant la colère ?

Aujourd’hui, nous sommes nombreux à considérer la colère comme inutile, voire dangereuse. Personne ne se sent irrésistible avec une émotion pareille chevillée au corps, et façon miroir, personne n’a envie d’évoluer dans un monde de colériques.

Dans ce monde d’avis contradictoires, une chose est sure. La colère est un indicateur essentiel de justice qu’il ne faut pas étouffer.

Une sorte de shérif intérieur, qui réagit à tout. Un shérif mesuré est un indicateur de confiance. Il peut gérer toutes les situations, en gardant son sang froid. Quand il explose de colère, elle est tellement justifiée que personne ne lui résiste. Voilà pour le monde idéal. Mais qu’en est-il quand votre shérif intérieur est un vieux Rambo soupe au lait, prêt à arracher des jugulaires au moindre petit problème ? Pire, que devient votre corps quand votre Shérif a arraché son étoile et renoncé à toute notion de justice préférant encaisser le dos courbé  ?

 

Les organes de la colère

Qu’elles soient étouffées par lassitude ou peur du conflit, les colères non exprimées stagnent dans la mémoire pendant de longues années.

Elles s’installent aussi dans le corps. En médecine chinoise, c’est le foie qui subit. Ces colères non dites finissent toujours par nous pourrir la vie : troubles digestifs, douleurs musculaires chroniques parfois localisées au niveau de la mâchoire (bruxisme…), comportements compulsifs (nourriture, cigarette, etc..), crises d’anxiété.

 

Alors, Comment Evacuer Sa Colère Intérieure ?

 

Crier

Beaucoup de colères réprimées stagnent en haut du corps : poitrine, gorge, mâchoire. Un des meilleurs moyens pour évacuer cette colère intérieure, est d’utiliser sa voix, qui elle aussi, mobilise tout le haut du corps.

Si vos camarades d’école vous harcelaient sans que vous ne trouviez rien à dire, ou si vos collègues au bureau ne vous épargnent pas sans réaction de votre part, alors il vous faudra crier.

Vous pouvez crier dans votre voiture. Qu’importe si vous chantez sur du Céline Dion ou du hard rock pour bien donner de la voix ou si vous hurlez à un niveau plus personnel : « j’en ai marre» ou « Va te faire foutre ». La censure ne doit pas avoir cours pendant votre phase d’évacuation de colère. Si vous en ressentez le besoin, autorisez-vous tous les mots, les gros mots, même les plus vulgaires.

Hurler dans un oreiller n’a jamais fait de mal à personne. Cet outil du sommeil est imbattable pour amortir les sons aigus.

Si aucune de ces possibilités ne vous tente, rendez-vous à un concert ou un match de foot. Peu importe, l’essentiel est de focaliser votre attention sur tout ce poids de colère qui vous pourrit la vie, et que vous voulez évacuer. Au milieu d’autres cris, les vôtres passeront inaperçus.

Dans tous les cas, concentrez votre esprit sur ces petits moments ou votre shérif intérieur aurait dû s’exprimer pour faire valoir ses intérêts. Ces petites vexations, conversations à votre désavantages. Les attitudes que vous abhorrez. Criez.

 

Exercice intense

Votre voix est un instrument de choix pour évacuer la colère. Si cela fait de longues années que vous trainez des tas de frustrations, des non dits, alors il faut viser un peu plus sportif : boxe thaie, judo, aikido, MMA, kravmaga. Tous les sports qui nécessitent de frapper sur un sac sont bons pour vous.

Si l’idée de vous retrouver en kimono ou short fluo ne vous enthousiasme pas, optez pour la course à pieds, en mode fractionné ( en alternant des phases d’accélération), la corde à sauter, le cardio en général. Tant que votre corps ne sera pas devenu une fontaine de sueur bien acide, vous pouvez considérer qu’il reste de la colère dedans.

 

Apprivoiser sa colère

La colère n’est pas une émotion qui se forme dans un environnement neutre. Elle est toujours la résultante d’une rencontre entre deux personnes, deux contextes, ou deux ressentis. Une personne épuisée et stressée est plus susceptible de ressentir cette émotion primaire qu’un ermite yogi vivant seul dans la forêt.

Pour évacuer sa colère intérieure, larguez les émotions et accrochez vous au factuel :

  • Qu’est ce qu’a fait cette personne pour me mettre en colère
  • Qu’est ce que je ressens dans mon corps, là tout de suite
  • Quelles autres émotions sont présentes dans mon esprit : frustration, honte, culpabilité sont les plus fréquentes.
  • Est ce que je peux leur trouver des excuses pour expliquer ce comportement ?
  • Est ce que je peux me trouver des excuses pour expliquer mon comportement ?

 

Ces questions simples vous aideront à déminer la colère et le package qui va avec ;

 

 

Visualiser

Exemple :

Votre journée au bureau s’est très mal passée. Un client vous a littéralement envoyé balader, sans que vous ayez vu venir cette agression. Vous avez bafouillé, rentré le menton et les épaules, et continué comme si vous n’aviez pas perçu cet énervement.

Résultat, vous vous sentez hyper mal. D’abord contre ce client, et … contre vous : vous auriez dû réagir, lui dire d’aller se faire voir, bref, votre shérif intérieur aurait dû intervenir, trouver les mots pour montrer qu’ici on parle entre être humains civilisés !

Votre colère est double : contre le client, et contre vous.

Que faire ?

La visualisation apporte un tas de réponses, toutes efficaces, basées sur l’acceptation.

Revivez la scène le plus factuellement possible. Prenez le temps de reconstruire tous les détails de l’environnement dans votre esprit : le lieu, le ton de voix, vos vêtements, et votre posture.

Quand vous êtes connecté(e) à ce moment dérangeant, il est temps d’expirer et… d’éteindre la lumière. Comme si vous disposiez d’un interrupteur pour indiquer que c’était terminé, finito. On passe à autre chose. La vie vous réservera d’autres moments maladroits. Vous ne trouverez pas toujours la répartie cinglante pour recadrer vos interlocuteurs. Inutile de s’attarder sur ce qui ne vous apporte rien de bon.

Pour achever ce travail d’acceptation, posez-vous une question : Si ce client avait agressé un membre de votre famille, seriez-vous intervenu(e) sans réfléchir pour défendre votre territoire ? On pense que oui ! Cela prouve bien que votre shérif intérieur est plutôt peu réactif, mais pas inexistant !

 

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