Remord ou regret ?

Comprendre la différence entre remord et regret pourrait changer votre vie !

 

Il vaut mieux vivre avec des remords qu’avec des regrets. L’adage fait tourner les têtes, et semble mettre tout le monde d’accord (et pas que les fans de Patrick Bruel)

Sauf que… quand on creuse, plus personne n’est sûr. Au fait, le remord, par rapport au regret, c’est quoi ?

Pourtant ces deux sentiments ont une importance capitale. Quand il s’agit de faire un petit (ou un gros!) bilan de sa vie, autant ne pas se tromper sur ce qu’on ressent au fond de soi, pour mieux avancer par la suite. 

Au Canapé C’est La Vie, nous avons accepté la mission et décidé d’enquêter sur la différence entre remord et regret.

 

 

J’aurais dû faire ci, ou dire ça : le regret

 

Dans 90% des cas, le regret revient toujours à la même conclusion : avec le recul, la pensée qu’on aurait dû faire/dire/oser quelque chose  dans une situation s’impose. Or, cette action n’a jamais eu lieu : « Je regrette de ne pas avoir défendu mon idée », «Si seulement j’avais écouté ma meilleure amie » ou encore « J’aurais dû recontacter mon ex pour tenter de le récupérer »

Mélange de désir et de tristesse, souvent collé à tort à des personnes “discrètes”, le regret peut aussi venir d’un sentiment, pas forcément lié à un moment précis. Par exemple, il peut traduire l’impression de ne pas avoir su vivre plus en harmonie avec ses désirs: « J’aurais dû plus profiter de mes vacances d’été ». Plus on avance dans l’âge, et plus le regret sait se faire général : « j’aurais dû  plus croire en moi ». C’est cet aspect quasiment mélancolique qui, nous en sommes sûres, a donné naissance à l’adage. A la longue, cela peut même faire éclore ce juge intérieur qui nous pollue la vie en voyant tout en noir. 

 

Faut-il bannir les regrets de sa vie  ?

Pas vraiment ! Si on décide de voir le verre à moitié plein, il est tout à fait possible de considérer les regrets comme une façon de se réconcilier avec des situations vécues… A condition de réussir à accepter la décision prise à ce moment-là !

Des semaines ou des années plus tard, chocolat chaud à la main, la tentation est grande de considérer l’évènement avec recul, pour ne pas dire avec froideur. A la lueur d’un regard d’expert déconnecté de la réalité du moment, les situations paraissent plus simples, et les possiblités, infinies. 

Sauf que….

Toutes les personnes ayant vécu un contexte de stress vous le diront : en prise avec un moment difficile -coincé dans un contexte pas facile, impossible de réfléchir correctement. Tout s’enchaîne trop vite. Pas le temps d’organiser une réunion interne entre son moi, son surmoi  et son égo: “mais ne vais-je pas regretter plus tard?”, “ai-je envie de vivre cela de cette façon” ou pire :”quelles sont les conséquences à court, moyen, long terme de ma décision?”. 

 

Pour positiver ses regrets, il suffit d’additionner une pointe de recul ET de se reconnecter à la réalité du moment

  • Je regrette de ne pas avoir défendu mes idées pendant cette réunion, mais si j’étais entrée en conflit, je l’aurais mal vécu. J’en avais déjà assez à gérer, donc j’ai fait ce qu’il fallait ».
  • Si seulement j’avais écouté ma meilleure amie, j’aurais agi différemment, mais rien ne me dit qu’aujourd’hui, je serais plus heureuse si j’avais suivi ses conseils.
  • J’aurais dû recontacter mon ex pour tenter de le récupérer. Mais s’il m’avait rejetée, j’aurais encore plus souffert. J’ai choisi de ne pas prendre ce risque pour me protéger.

Ce bilan (bienveillant!) aide à mieux se connaître, et se pardonner ce que l’on considère comme des erreurs. 

 

« J’ai merdé », ou «  je n’aurais pas dû dire ça» : le remord

Marque de fabrique des impulsifs, gaffeurs et autres adeptes du pied dans le plat, le remord s’inscrit, lui, dans une action qui a bien eu lieu… et qu’on voudrait bien effacer.

“La prochaine fois, je fermerai ma bouche”, ou :  “OMG est-ce que j’ai VRAIMENT tit ça?” 

Pour ne rien arranger, le remord s’apparente aussi à de la culpabilité. L’achat de cette robe hors de prix, alors que le banquier squatte le répondeur depuis plusieurs jours, c’était bien ou pas ? Et cette religieuse au caramel (beurre salé of course) pendant une phase de régime, on en pense quoi ? Parce que quelques minutes après la dernière bouchée, c’est le drame.

La gourmandise et l’achat plaisir se revêtent alors d’une aura maléfique : le remord.

Contrairement aux films de science fiction, la machine à remonter le temps n’existe pas. Il est im-pos-si-ble d’effacer le passé.

A noter que les personnes qui éprouvent souvent du remord, se sentent souvent responsable de tout et tout le monde, comme portant toute la misère du monde : la charge mentale dans toute sa splendeur. Si mon mari est malheureux aujourd’hui, c’est parce que j’ai agi comme cela. Si mon patron ne m’a pas saluée, c’est parce qu’à la réunion, hier, je n’ai pas assuré. 

Enfin, il convient de se rappeler que le remord est très (trop?) souvent lié à une notion de morale : le bien et le mal. « Ce que j’ai fait est mal », ou « j’ai mal fait ». C’est la raison pour laquelle les psychopathes sont incapables d’en ressentir.

 

Alors peut-on trouver des qualités à ce sentiment de remord ?

La réponse est oui !

D’abord le remord indique que vous n’êtes pas un(e) psychopathe, ce qui est tout de même une bonne nouvelle.

En ressentir prouve que vous avez des sentiments, de l’empathie, et même que vous savez vous remettre en question.

Pour toutes ces raisons, les remords ne sont pas à bannir de votre vie.

Par contre, ils ne doivent jamais servir à justifier l’inaction ou la passivité « Je ne dis/fais plus rien ».

Inaction, qui, vous le savez maintenant, vous vaudra des regrets !

 

 

L’adage, il a raison ou pas ?

Pour répondre, rien de tel qu’un autre adage : il faut se méfier des extrêmes. Et oui. Une vie tout en audace tout le temps, propice au remord permanent serait comme une course contre la montre, toujours dans l’action, jamais l’introspection et le repos. 

On ne le souhaite à personne (sauf à son pire ennemi?). 

Quant à une vie prudente, toujours dans la mesure, la discrétion même… A la longue cette forme d’effacement pourrait devenir pénible à gérer.

Vous l’avez compris, rien ne sert de vouloir voir ou tout noir ou tout blanc. L’important est d’apprendre à mieux se connaître, analyser ses erreurs pour avancer dans le chemin de sa vie, d’ou l’importance de connaître la différence entre remord et regret. 

Au Canapé c’Est La Vie, on aime bien les vieux adages, formes de proverbes païens venus de nulle part et au sens profond. On a même notre favori, à méditer: si tu veux faire rire dieu, tu lui racontes tes projets.

On aimerait ajouter : si tu veux le faire mourir de rire, raconte lui ce qu’aujourd’hui tu appelles tes erreurs ! 

 

 

 

 

Leave a Comment