Triangle de karpman

Jeux psychologiques malsains : comment sortir du triangle de Karpman

Êtes-vous le sauveur, le persécuteur ou la victime de quelqu’un ? Cette question, personne ne se la pose. Pourtant les jeux psychologiques polluent nos interactions au quotidien. Ces cycles vicieux envahissent le mental, et petit à petit transforment les participants involontaires en pions à la merci des autres. Pris dans ce labyrinthe, on ne peut que réagir aux actions des autres, à l’infini. Pour se débarrasser de ces jeux psychologiques malsains, une seule solution : les comprendre. Et c’est le rôle du triangle de Karpman.

 

Victime, bourreau ou persécuteur … Demandez au triangle de Karpman.

Elaboré dans les années 60 par le dr Karpman, ce triangle a pour objectif d’éclairer les comportements malsains. Il identifie trois « rôles » inconscients joués tour à tour par les participants.

 

Le sauveur

Super héros en recherche de victimes à secourir, la personne entrée dans ce rôle questionne sans arrêt  : « qu’est ce que je peux faire pour toi ?». Debout à l’aube en cas de service à rendre, son sac regorge de pansements, de paracétamol, voire d’un mini kit de couture. Sans oublier une serviette hygiénique et un stylo.

Le sauveur se plie en quatre pour se rendre indispensable. Il accroche les petits services rendus comme autant de médailles à sa panoplie. Ami parfait au début, il ouvre grand ses oreilles pour les confidences, et prodigue des dizaines de conseils, même non sollicités.

Et puis, BOUM, un matin, le sauveur se déclare soudain fatigué de tous ces gens qui le vampirisent. A l’occasion d’une broutille, ce rôle de sauveur mue en crise de colère ou en burn out. C’est la goutte d’eau qui a fait déborder son vase de super héros.

Le sauveur pense alors qu’il est entouré d’ingrats, ou s’effondre sous l’ampleur de la tâche. Selon les participants aux jeux psychologiques qu’il a soigneusement mis en place, il peut alors se transformer en bourreau « tu ne sais pas te débrouiller seul !! ,» ou en victime « je suis à bout ».

A noter : le sauveur ne regarde pas ses problèmes personels en face. De là à se demander si aider les autres est sa manière de les occulter, il n’y a qu’un pas.

 

La victime

Caliméro ou presque, la victime porte le monde sur ses épaules. Ses croyances personnelles oscillent entre « il ne m’arrive que des m% ! », « j’ai la poisse », et « il fallait que ça tombe sur moi ». Incapable de prendre une décision, recherchant les avis de tout le monde, la victime est coincée dans une situation. La recherche de solutions ne fait pas partie de ses priorités. Pas le temps ! Car la personne dans ce rôle passe ses journées à enrôler des participants pour survivre. Avec un objectif : rechercher un sauveur qui effacerait tous ses problèmes.

Dans une rencontre amoureuse ou professionnelle, c’est un peu le cocktail explosif : une victime rencontre son sauveur. D’abord parce que le sauveur finira par craquer à force d’accumuler du ressenti, et ensuite parce que la victime n’est pas un rôle permanent. L’osmose des débuts fera vite place à un sentiment d’inutilité (pour le sauveur) ou d’infantilisation (pour la victime).

 

Le persécuteur

Voilà le « méchant » du triangle. Malheureusement pour l’humanité, la personne coincée dans ce rôle n’est pas facilement détectable (après avoir lu cet article ca sera plus facile!).

Les persécuteurs ne se sentent responsables d’aucun problème. Quelque chose ne va pas ? C’est la faute des autres. Et surtout d’un bouc émissaire.

Petite astuce pour les reconnaître : c’est toujours eux qui donnent le top départ du jeu psychologique, en passant à l’attaque. Ils rentrent alors des deux pieds dans le triangle de Karpam avec tout ce dont ils ont besoin : une victime cible des attaques, et un sauveur venu secourir la victime.

Les persécuteurs ne sont pas flexibles, pas empathiques, pas serviables, pas humains, presque. Très critiques, ils sont doués pour relever tous les défauts des autres, sans jamais voir les leurs. Ils démarrent les conflits, s’énervent frontalement.

Paradoxalement, ils se plaignent et sentent souvent victimes. Victimes de l’incompétence des autres, du manque de savoir-vivre, du manque d’investissement des collègues, etc…

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On peut être tour à tour persécuteur, victime et sauveur

Karpman a représenté les trois grands rôles qu irégissent les intéractions nocives par un triangle. A bien y regarder, on pourrait aussi parler de cercle vicieux. Personne n’est un suel rôle à la fois dans sa vie. Ce sont les situations qui nous les distribuent

Prenons par exemple un conflit dans un couple.

Il y a un persécuteur : celui qui démarre, accuse, et aussi une victime qui subit. A partir de là, plusieurs scenarii : le persécuteur éprouve du remord et il devient le sauveur de sa propre victime. La victime finit par culpabiliser d’avoir mis son partenaire dans un état pareil et devient le sauveur de son persécuteur. Plus rarement, la victime, après un temps se transforme à son tour en persécuteur. Les rôles sont antagonistes. C’est un jeu sans fin possible, ou les partenaires alternent les rôles. Au final, tout le monde souffre. La seule issue est de refuser de jouer.

 

Comment sortir du triangle de Karpman ?

Pour s’en sortir, la première étape est d’identifier les jeux psychologiques.

La phase de recul est donc indispensable. Oui, il est temps de s’arrêter de jouer pour observer. Un schéma répétitif ? Une impression de déjà vu ? Des relations invivables avec plusieurs personnes ?Autant d’indices pour coller une étiquette à ces interactions toxiques : triangle de karpman.

Une fois le jeu psychologique identifié, arrive la phase la plus délicate : admettre le rôle qui nous a été attribué par le triangle. Cette étape est nécessaire pour s’en sortir.

Si le rôle distribué est victime, la sortie du jeu passera par un retour de l’égo. Penser par soi même, prendre des décisions. Ne plus exister uniquement dans le regard de l’autre. Assumer ses propres choix. Pour faire court, être soi dans sa dimension la plus globale : Après moi le déluge ».

Si vous vous identifez en tant que persécuteur, il faudra gérer la colère que vous extériorisez en prenant de faux prétextes. Qu’est ce que vous cherchez à évacuer ? Persécuter quelqu’un c’est aussi voir chez l’autre ce qu’on ne supporte pas chez soi.

Enfin, si votre rôle dans un jeu est sauveur, repliez vos ailes de super héros, et pensez à vous. Comme une maman qui apprend (en pleurant..) à laisser partir ses enfants vers de nouvelles aventures, il vous appartiendra de laisser le libre arbitre à votre entourage. Bonus : vous aurez plus de temps pour vous occuper de vous !

 

Source photo : Pixabay.com 

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