Procrastination : Définition et Super-Pouvoirs

Cela n’a pas pu vous échapper. La société a trouvé un nouveau combat : lutter contre la procrastination. Cette habitude, présentée au monde comme l’apocalypse ou encore l’Axe Du Mal, remplit pourtant toutes les cases du bien-être.

Oui, la procrastination a des bienfaits inestimables sur le corps et le mental, et on oublie trop souvent de le rappeler.

Au Canapé C’Est La Vie, et en l’honneur de la journée de la procrastination, qui a eu lieu en Mars cette année, (il y a peine 7 mois), nous avons décidé aujourd’hui de démontrer l’importance de ne rien faire. Notre objectif : réhabiliter cette aptitude formidable à tout remettre à plus tard, en s’occupant un minimum dans l’intervalle.

La procrastination: définition

Pro-cra-sti-na-tion. Ca n’est pas le mot le plus facile à prononcer, on vous l’accorde. Vous pouvez donc le remplacer par l’expression « remettre à plus tard » ou « Demain est un autre jour ».

Selon les statistiques, le mouvement est loin d’être isolé. La procrastination pousserait un cinquième de la population mondiale à favoriser des tâches secondaires immédiates, aux urgences urgentissimes.

De quoi attirer l’attention de nombreux auteurs, psychologues, professeurs d’université. Pour ses détracteurs, la procrastination s’apparenterait à une sorte de fuite en avant, une stratégie d’évitement utilisée. D’ailleurs tout cela a été chiffré. Le journal « the Economist » a pris le temps de tout bien compter et proposé la conclusion suivante : les 140 millions d’heures passées au niveau mondial à regarder le clip « gangnam style » aurait permis à l’humanité de batir 20 Empire State Buildings ou encore 4 grandes pyramides.

Donc, procrastiner, c’est mal.

Rien d’étonnant, car notre modèle de vie priorise les abatteurs de travail hypra organisés, les addicts aux agendas surbokés. Ensuite, elle glorifie les weekends minutés qui démarrent à 7h30 le samedi matin.

Tu as 5 ans et tu n’as pas 5 activités extra-scolaires ? La loose.

Tu as 30 ans et tu mates Game of Thrones le samedi soir au lieu de sortir avec des hipsters ? Misère sociale…

Notre société génère ainsi des valeurs fictives d’estime de soi : pour être dans le swag, la liste des impératifs s’allonge : vêtements branchés, yoga ashtanga, baies de goji, ambition professionnelle, sorties trois fois dans la semaine au minimum et weekend bien rempli. Oui, notre société impose des journées bien organisées du matin au soir, une tête bien remplie du lever au coucher, et un corps toujours actif entre le petit déjeuner et le diner…

Dans ce contexte, oser prendre un temps d’inactivité pour souffler, se repérer, voire requalifier ses priorités apparait comme une rebellion.

Or, la science nous dit tout le contraire.

Pour avancer dans la vie, il faut savoir s’ennuyer.

La procrastination est nécessaire à la créativité

Vous devriez envisager la procrastination comme une parenthèse enchantée. Pourquoi ? Parce que sans elle, le monde serait un trou noir ! Aucune oeuvre littéraire, aucun grand film, point de courants artistiques n’aurait vu le jour. Les artistes ont besoin de se réserver des plages horaires de solitude et d’ennui, pour « trouver l’idée », donner un peu de carburant au vague à l’ame…

Pour le commun des mortels, c’est pareil.

La procrastination permet de trouver des solutions

Que celui qui n’a jamais dit « j’ai la tête dans le guidon » jette la première pierre. Dans cet état d’esprit surexcité, impossible de se poser pour réfléchir calmement. Résultat : par manque de recul, tout devient urgent. Stressant. Chaque minute de vie doit rendre des comptes de productivité sur un tableau Excel tout automatisé.

La procrastination redonne du souffle dans ce monde d’impératifs.

Après un après midi à comater sur le canapé, devant des replays des « enquêtes impossibles », tout s’éclaire.

Soudain, les urgences ne sont plus si urgentes. La liste qui débordait de son post it, se réduit comme peau de chagrin.

Des études le prouvent. Procrastiner activement permet de requalifier ses objectifs, donc de s’attacher à l’essentiel.

Procrastiner garantit un esprit ouvert sur le monde

Quand tout est minuté, on ne voit la journée que par le petit bout de la lorgnette. Le reste de l’univers s’y perd. Les cerisiers en fleurs… les quoi ? les étoiles, la lune, le soleil, la pelouse, les grands arbres, les oiseaux qui cuicuitent… toute cette nature qui se donne au maximum pour créer de la beauté n’existe plus du tout dans vos oeillères : métro, boulot, dodo.

Vous ne captez plus vos intuitions, négligées sous l’impératif de l’action.

Vos cinq sens sont pollués.

La parenthèse de procrastination permet au monde extérieur d’exister.

Apprécier des moments de solitude

Nous pensons qu’il est tout à fait possible de procrastiner H24, et dans tous les endroits de la planète. Les urgences peuvent ainsi patienter à la plage, sur une piste de ski, calées dans un fauteuil bien moelleux. Pour occuper ce moment de répit, il est tout à fait possible de :

  • Deviner les formes dans les nuages

  • Regarder le clip Gangnam Style au lieu de bâtir des cathédrales

  • Regarder les étoiles

  • Apprendre à danser comme Beyoncé ou Shakira

  • Surfer sur Internet

  • Zapper devant la télé

  • lire un thriller

  • Tester un nouveau hamac intérieur

Seul point commun : la procrastination est un moment avec soi, indispensable pour se retrouver.

Les procrastinateurs sont imbattables sous pression

Cela ne vous aura pas échappé, le revers de la procrastination, c’est que certaines urgences ne disparaissent pas, même après requalification.

Tous les adeptes de cette habitude vous le diront : oui, on peut rattraper une semaine de travail en une nuit sans sommeil, pour peu qu’on ait une machine expresso de qualité. Oui, on peut faire en deux heures ce qu’une journée aurait normalement demandé, la panique aidant…

Le travail sous pression, pour cause de retard procrastinateur n’a plus de secret pour ses adeptes.

Le repos, ça se mérite !

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